logo-soleil-seulement.jpgLA FORCE D'UN SOURIRE

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La lettre numéro trois

Bonjour Chers Marraines et Parrains,

Depuis le 22 janvier nous sommes en immersion à la Maison du Sourire, moments de retrouvailles avec les enfants et les assistantes maternelles.
Depuis octobre 2016, la pouponnière a accueilli 29 enfants :12 d’entre eux (soit 41 %) ont pu rentrer dans un foyer, soit celui de leur famille d’origine (père, mère) ou celui de leur famille élargie, (grands-parents, oncle, tante…) Les départs se sont échelonnés depuis juin 2018, et les enfants étaient restés entre 12 et 18 mois à la pouponnière.

Les plus grands enfants Awa et Adama BA, les jumelles au caractère bien trempé et l’espièglerie chevillée au corps ont eu 2 ans en novembre. Pour elles le lien avec la famille éloignée géographique­ment de la pouponnière se fait par le biais d’un oncle, frère de la maman décédée.

Mame-Diarra KANE (2 ans en mai), plait beaucoup à Bernard, du reste elle est la première qui a prononcé son prénom. Elle marche en se déhanchant comme un canard, il faut dire que le port des chaussures ne lui plait pas trop !

Maimouna SARR, 2 ans également en mai, souriante et câline, souffre de bronchiolite. Pour elle nous avons découvert la kiné respiratoire à l’hôpital de Mbour. Après plusieurs séances, elle va beaucoup mieux.
Même si le premier contact avec l’hôpital m’a donné envie de partir en courant, je dois reconnaitre que l’approche des kinés avec les deux enfants soignés a été d‘un grand professionnalisme.
Sachez que pour ces visites, il faut venir avec ses draps pour la table de soin et les mouchoirs.

Il faut dire que pendant 2 semaines, un vent provenant de Mauritanie accompagné d’une poussière de sable a envahi le Sénégal. Sur l’autoroute nous menant à Dakar nous aurions pu croire être dans un brouillard du mois de novembre en France !!!
Les enfants ne pouvaient quasiment pas sortir, et la température frôlant les 40 degrés rendait les choses difficiles au niveau respiratoire.

Devant l’entrée de la maternité jouxtant l’aile des kinés, un alignement de femmes avec des bassines et des seaux occupaient le trottoir : les kinés m’ont expliqué que ces dames et quelques hommes accompagnent les futures mamans qui vont accoucher. Elles lavent le linge des mamans et des bébés, préparent les repas, et si des médicaments sont nécessaires pour la maman ou pour le bébé, elles vont à la pharmacie. A l’hôpital, il n’y a aucune prise en charge logistique. Le passage à la maternité, quand tout se passe bien, est de l’ordre d’une journée.

Nous avons également emmené les enfants les lundis matin au dispensaire de Joal pour les vaccins. L’expédition commence dès notre arrivée à la pouponnière : Bernard conduit la voiture, Alba, une Assistante et moi emmenons en moyenne 4 à 5 enfants à chaque voyage.

Au dispensaire, le Docteur Sorcière y sévit !! il faut attendre, attendre et attendre son tour !!!!! les mamans avec des enfants sont dehors assises sur des murettes de ciment et nous avec !!

Ensuite dans un bureau ouvert à tous, Docteur Sorcière pique au kilomètre les enfants sans aucune douceur bien sûr !!

Au retour, les compresses de glace sont indispensables pour apaiser les douleurs.

Au Sénégal, à la naissance, chaque enfant reçoit un carnet de santé et est vacciné si la situation le permet et que l’enfant nait dans des conditions ‘normales’.

Pour certains de nos protégés le carnet est ouvert par le pédiatre qui le reçoit le jour du placement.

Awa SARR, 9 mois se tient bien assise et fait du quatre pattes.

Aissatou SARR 8 mois, se tient également bien assise, commence la quatre pattes et a une coiffure en forme de baobab !

Cheick-Tidiane SY, 4 mois, souffre également de bronchiolite. Pour lui, quelques séances supplémentaires chez le kiné seront nécessaires.
Je le surnomme le petit « peul » car il est très clair de peau.

Landing SONKO, enfant souriant et volontaire, âgé de 4 mois, est très interactif : il aime par-dessus tout être dans le dos des nounous. Cet enfant est arrivé dans une situation très dramatique il va bien et raconte beaucoup.

Awa DIOP, petite fille de 6 mois, se tient bien assise et commence le 4 pattes ainsi que le repas à la cuillère.

Quant à Kabir NDAO, Serigne-Fallou FAYE, dont les âges vont de 7 à 9 mois, ils vont bien et poussent comme des champignons.

Fatou FOFANA, enfant de 2 semaines, est arrivée alors qu’elle avait 2 jours. Elle dort beaucoup elle mange bien.

Mame-Ngor DIONGUE né le 18 janvier, est arrivé alors qu’il avait une semaine : il à été en salle de convalescence pendant 10 jours avec Clarice qui s’occupait uniquement de lui. Il me fait un peu craquer et je le surnomme le Prince du désert rien que cela !!! L’intégration dans la grande salle a été un peu frustrante pour le prince, car d’un seul coup il a découvert qu’il y avait d’autres enfants.

Les assistantes me surveillent du coin de l’œil en se moquant de moi.
« ton prince doit apprendre à attendre ! » me dit Amy.

Et puis il y a ces moments de grande tristesse, qu’il faut surmonter pour continuer.

Coumba 2, petite fille sans patronyme, trouvée sur un chantier par des ouvriers, quelques heures après sa naissance, est arrivée à la Maison du Sourire dans un état très précaire. Elle est décédée quelques jours avant notre arrivée de la mort subite du nourrisson, diagnostic du pédiatre de Joal qui maintenant intervient à la pouponnière.

Petite Coumba que personne n’a réclamé repose au cimetière de Joal, là où Alba et Fabrice l’ont accompagnée avec l’équipe éducative du ministère de la justice. Elle aura néanmoins pu profiter durant, sa courte de vie de tendresse et de soins à la Maison du Sourire.

Et dans la nuit du lundi 18 février à 23h alors que le matin même nous avions vu le pédiatre, Assan un des triplés est décédé. Le pédiatre le matin n’avait rien décelé qui puisse nous faire envisager cette issue.

Ces petits triplés sont de grands prématurés qui, faute d’un équipement suffisant n’ont pas pu rester en couveuse suffisamment longtemps. Ils sont arrivés à la maison du sourire avec un poids très petit. Assan était le plus petit de la fratrie.
Le pédiatre n’a pas fait d’investigation pour Assan , mais il a pris la décision de faire faire un bilan à Ousseynou et Awa DIOUF : dès l’après-midi du mardi nous étions auprès d’un médecin qui a pratiqué avec patience et professionnalisme à chacun des petits, une échographie des organes, foie, rate….Un bilan cardiaque a été également effectué et un changement de lait a été installé. Fort heureusement, la pharmacie disposait de quelques boites en stock.
A ce jour ils prennent du poids régulièrement et vont aussi bien qu’il est possible.

Ces moments ont été douloureux pour tous. Et surtout pour les assistantes maternelles.
Fabrice et moi sommes venus très tôt le matin pour échanger avec l’équipe de nuit avant leur départ. Et au fil de la journée nous étions tous là dans les salles avec elles, pour échanger parler et jouer avec les enfants.

Lors de la réunion mensuelle à laquelle j’avais assisté et participé, Fabrice avait mis à l’ordre du jour, en autres points, le deuil pour donner suite au décès de Coumba.

Au cours de cette réunion les assistantes maternelles ont également évoqué la rupture liée au départ des enfants qui retournent dans leur famille. Elles les accueillent bébés, (souvent ils sont à peine âgés de quelques jours) les aident à grandir et bien sûr s’y attachent. Elles aimeraient avoir des nouvelles de ces petits après leur départ.
Mais les enfants ne restent pas pour la plupart dans la périphérie de Mbodiène, et les familles ne donnent pas forcément des nouvelles régulièrement.
Nous avons reprécisé que c’était une des difficultés de toutes personnes au service de la personne ou de l’enfant.

J’ai proposé à Fabrice et Alba, qui sont enthousiastes à cette idée, d’organiser une fête tous les deux ans pour rassembler au moment de l’anniversaire de la pouponnière tous les enfants qui sont rentrés dans leur famille.

Le rythme de tous les deux ans me parait bien, car ici la gestion des distances n’est pas simple. Il nous faudra envisager la prise en charge des frais de transport que nombre de familles ne pourraient pas supporter, mais nous sommes tous convaincus que cela sera un bon moment partagé.

Nous allons affiner ce projet qui pourrait réunir la grande famille de la Maison Du Sourire dès 2020.

En attendant, je vais réaliser un pèle mêle avec les photos des enfants depuis l’ouverture, le faire imprimer, l’encadrer et l’accrocher dans les salles : les assistantes maternelles pourront profiter des frimousses des petits.

Voilà les nouvelles, nous rentrons le 13 mars au matin.

Je tenais à vous faire partager ces temps forts.

Le travail ne manque pas, mais nous sommes au bon endroit et par votre soutien vous êtes avec nous sous les 40 degrés.

La traditionnelle photo avec les jeunes du Lycée de l’Ecole Alsacienne de Paris que nous avons accueillis à tour de rôle pendant 2 semaines, les cousins Italiens d’Alba, le gardien Jim.

Photolettreparrainstrois

 

 


 

La lettre numéro deux

Bonjour Marraines et Parrains,

 

Ce matin en partant de leur domicile situé dans le village de Mbodiène Aissatou et Amy savent qu’elles doivent marcher une vingtaine de minutes afin d’être à 8 heures à la Maison du Sourire pour la prise de leur service. Marie-Claude et Clarice pourront alors rejoindre leur famille, la nuit de travail est terminée pour elles.

 

En arrivant Aissatou et Amy reçoivent les consignes de Marie-Claude et Clarice et les petites informations qui ont rythmé la nuit.

Vite, il faut continuer à donner les biberons ! Certains enfants réclament à partir de 6h30 et les réveils s’étalent jusqu’à 8h30 pour les plus paresseux.

 

Suivront les douches et l’habillage des enfants, le changement des draps pour les berceaux Cécile, la femme de ménage du matin viendra récupérer le linge souillé. L’après-midi Aminata s’occupera du séchage, pliage et rangement du linge des 15 enfants, tout en veillant à l’hygiène de la maison du sourire

 

Il faudra préparer les biberons de 10 heures pour les plus petits, afin de s’avancer.

 

Vers 9 heures, les enfants vont profiter du grand parc de jeux à l’extérieur (mais dans l’enceinte de la pouponnière) ou de la salle d’éveil, dans une case dédiée à cet effet.

Les assistantes maternelles profitent de cet instant pour prendre leur petit déjeuner à tour de rôle. Plus tard dans la matinée les enfants seront promenés à l’extérieur de la pouponnière par petit groupe. Au retour, vérification des changes…

 

La fin de matinée se termine il est environ 12h30 les enfants sont invités au change des couches, lavage des mains afin de se préparer pour le déjeuner.

Repas qu’ils prendront par 2 ou 3 Amy et Aissatou bénéficient de l’aide de Jim ou Dominique les gardiens qui se sont proposés pour accompagner ce moment, et que tout le monde semble apprécier.

 

Au menu de chaque semaine : légumes poulet – légumes poisson – légumes œufs – légumes pates macaroni.

 

A 14 heures vérification des couches et à la sieste !!!

 

Les assistantes maternelles profitent de ce temps pour déjeuner et préparer la compote de l’après-midi en ce moment mangue et banane.

 

Vers 16h30 -16h45 les enfants se réveillent, ils sont changés et repartent jouer à l’extérieur et savourer la compote accompagnée d’un biberon de lait.

 

Pour un petit temps les enfants sont remis dans les lits à jouer le temps qu’Amy rédige le rapport de la journée et Aissatou procède à la vaisselle des biberons.

 

A18h Helga et Seynabou arrivent elles se relaient en se passant les consignes.

 

Les enfants sortent des lits, se retrouvent dans la salle et jouent avec l’équipe de nuit.

 

A 20h ils sont remis dans les berceaux et un à un ils prennent le repas du soir, les plus affamés d’abord, les assistantes maternelles connaissent bien les appétits des enfants. Le repas du soir consiste en une bouillie de mil, de niébé (haricot local), de pain de singe (fruit du baobab), de névédaye (maïs) et un biberon d’eau.

 

21heures : bonne nuit les petits !

 

Les assistantes maternelles en profitent pour préparer les biberons du lendemain matin ou  la nuit pour les bébés,  la préparation des vêtements du lendemain.  

21h30 Helga et Seynabou préparent leur repas tout en jetant un œil sur la salle ou dorment les enfants.

 

Ouf ! Pour le moment tout le monde dort.

 

Les Assistantes Maternelles ou les Tatas pour les enfants habitent toutes Mbodiène

Elles travaillent par roulement en équipe de 2.

Equipe 1 : 2 matins de 8h à 14h / 2 journées de 8h à 18h et 1 repos

Equipe 2 : 1 journée 8h 18h/ 2 après-midi 14h 18h / 1 nuit 20h à 8h et 1 repos

Equipe 3 : 4 Nuits 20h 8h et 1 repos.

Les 3 gardiens se relaient : Jim le jour, Malik la nuit et Dominique en remplacement.

 

Cette belle journée où la première pluie est tombée en faisant chuter la température de 35 degrés à 24, où un vent assez violent a soufflé et où pendant quelques secondes une éclipse de jour est apparue, concerne les 12 enfants âgés de 12 et 18 mois. Pour les 3 petits le rythme est bien sûr différent car ils ont moins de 6 mois.

 

Cette première pluie marque le début de cette saison que l’on nomme hivernage, période qui s’étendra jusqu’au mois de septembre.

 

Tous les lundis les enfants sont pesés par les assistantes maternelles et le poids est noté dans le dossier de chacun.

 

A l’arrivée d’un enfant, chaque salarié et bénévole s’attachent à accueillir l’enfant qui vient pour un temps se faire choyer, et réconforter face à une situation familiale difficile.

 

Mais vient aussi le moment des départs, certes chargés d’émotion, mais la joie de voir partir nos petits pensionnaires dans leur famille ou leur famille élargie prédomine.

 

Ces moments-là,  Aminata, Cumba, Mohamed et Khadidiatou  ont eu la joie de les  vivre.

 

 

Ils sont arrivés à la maison du sourire lorsqu’ils avaient  quelques jours, il repartent grandis, ils ont 19, 17, 18 et 15 mois

Ils ont fait leur premier pas, les premières dents, les premiers sourires, auprès de toute l’équipe, sous la vigilance de Fabrice et Alba, le lien avec la famille a été construit et consolidé. Nous leur souhaitons une jolie route de vie.

 

 

Awa D., Pierre, Aby, Maimouna, Mame, Diarra, Modou, Mouhamadou, Awa Diop, Awa Sarr, Fatou Bintou, Anna, Sophie, Adama, Awa B et Adama vous embrassent.

 




Voilà, Chers Marraines et Parrains, je vous ai fait partager une journée à la Maison du Sourire. J’espère vous avoir fait voyager. Une prochaine lettre vous parviendra en fin d’année avec d’autres nouvelles de vos petits filleuls Sénégalais.

 

 

 

L’équipe au complet :

 

     Seynabou Amy Marie-Claude Cécile  Aminata  Jim Clarice Aissatou Helga Dominique     Malik